Vous êtes de l'Abitibi-Temiscamingue quand :
- "Vacances" signifie une fin de semaine à Montréal
- Vous mesurez les distances en heures
- Plusieurs personnes de votre entourage ont déjà frappé des orignaux
- Vous passez souvent de "chauffage" à "air climatisé" dans une même journée
- Vous utilisez une douillette de duvet en plein été
- Vos grands-parents conduisent à 90km/heure à travers 12 pieds de neige dans une tempête sans broncher
- Vous trainer des câbles à booster dans votre valise de char et votre blonde sait comment les utiliser
- Vous faites le costume d'Halloween de vos enfants en fonction de leurs suits d'hiver
- Vous connaissez 4 saisons : le Presqu'hiver, l'Hiver, l'Encore-Hiver, et les vacances de la Construction
Voici maintenant une belle chanson qui parle si bien de l'Abitibi, de Raoul Duguay, "La Bittt à Tibi" (pour les français, je me suis permis de mettre les paroles! :))
Moi je viens de l'Abitibi
Moi je viens de la Bittt à Tibi
Moi je viens d'un pays
Qui est un arbre fort
Moi je viens d'un pays
Qui pousse dans le Nord
Tam didelam tadlédidelidelam
Dans ce pays qui était comme un oeuf
Le treize février mille neuf cent trente-neuf
Je suis né à Val d'Or en Abitibi
Dans ce pays qui est encore touttt neuf
J'avions connu Harnest Turcotte
Qui vivait entre de beaux bois ronds
Qui parlait aux âbres et aux taons
Qui chaque matin chaussait ses bottes
Pour aller comme Ti-Jean Hébert
Fendre la forêt avec ses nerfs
Qui n'avait pas de chain saw
Qui avait hache et boxa
Pis des bras durs comme la roche
Pis des cuisses comme des troncs d'arbre
Pis du front tout le tour de la tête
Pis qui n'était pas si bête
En mille neuf cent dix en Abitibi dans mon pays
Colonisé
Tam didelam tadlédidelidelam
Moi je viens de l'Abitibi
Moi je viens de la Bittt à Tibi
Moi je viens d'un pays
Qui est de lacs bien rares
Moi je viens d'un pays
Ousque le poisson mord
Quand j'étions petit
J'allions jouer aux bois
Avec les épinettes et les bouleaux
J'aimions gazouiller avec les oiseaux
Quand j'étions petit
Je suivions les ruisseaux
Je jouais de l'Harricana
Sur la rivière Harmonica
Je regardions passer les gros chars
Sur ma petite cenne qui venait en or
Dans un banc de neige creusais maison
Et dans la glace j'écrivais ton nom
Et l'hiver à l'aréna
On patinait touttt en tas
L'été près du lac Blouin
On faisions semblant de rien
On ramassait des bleuets
Qu'on vendait pour presque rien
En mille neuf cent quelques
En Abitibi dans mon pays
Colonisé
Tam didelam tadlédidelidelam
Moi je viens de l'Abitibi
Moi je viens de la Bittt à Tibi
Moi je viens d'un pays qui a un ventre en or
Moi je viens d'un pays ousqui neige encore
Dans mon pays qu'on dit hors de la carte
Mon oncle Edmond travaillait sous la terre
Mais il creusait dans l'or sa propre mort
Mon oncle Edmond nous a mis sur la carte
Dans mon pays qui a grandi
Il paraît qu'aux tout premiers temps
On y gagnait beaucoup d'argent
Y'a de l'or en barre qui dort écitt
Y'a même des poignées de porte en or
En cuivre en fer qui vont de l'autre bord
J'aimions jouer dans la fanfare
Pour épater touttt les pétards
Quand j'allions au Château-Inn
Boire et rire avec mes piastres
Je revenions comptant les astres
Au petit matin près de la mine
Bye, bye!!